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L'élan vers l'autre

il y a 2 jours
3 min de lecture

Chez Maison Verso, le développement des publics repose sur une conviction : les œuvres peuvent créer des ponts entre les artistes et les publics, qu’ils soient des spectateur·trices assidu·es ou des personnes qui ne franchissent pas souvent les portes d’une salle de spectacle.


C’est une autre façon de penser l’élan de cette rentrée. Un élan qui ne se dirige pas seulement vers l’international ou les nouvelles scènes, mais aussi vers des publics que l’on ne croise pas forcément dans les lieux culturels. Cette année, quatre projets portés par nos client·es témoignent de cette volonté d’aller à la rencontre de l’autre : dans une classe, un centre jeunesse, une chapelle de prison ou un hôpital.



L'histoire qu'on ne nous a pas apprise, avant la scène

Cet automne, l'auteur, marionnettiste et interprète wendat Jocelyn Sioui présente un spectacle jeunesse pour les 9 ans et plus. Petit Frétillant suit les traces d'Auhaïtsic, un héros wendat aussi improbable qu'attachant, dans une version inspirée de son conte Frétillant et agile.


Le spectacle est accompagné d'un cahier pédagogique conçu par Maison Verso pour préparer la rencontre avec l'œuvre et la prolonger en classe : découverte de l'histoire des Wendats, réflexion sur les thèmes du spectacle, activités et questions pour aller plus loin. Une des activités part d'un clin d'œil du spectacle lui-même : le titre du conte Frétillant et agile s'appuie sur une croyance répandue, mais fausse. Jocelyn Sioui l'a appris après la sortie de son livre. Après plusieurs recherches, l'erreur est confirmée, mais il choisit de la garder plutôt que de la corriger. Cela donne alors aux élèves un point de départ concret : qu'est-ce qu'on sait vraiment, qu'est-ce qu'on croit savoir ? Le dossier prolonge cette question par le jeu et la conversation, une façon d'apprendre l'Histoire autrement.


La lecture comme lieu de rencontre

Depuis 2013, la Fondation de BAnQ finance un programme d'animation littéraire dans les centres jeunesse de l'île de Montréal. Chaque mois, des bibliothécaires s'y rendent avec des valises de livres choisis selon les intérêts des jeunes qu'elles rencontrent.

Plus de 2 000 jeunes de 6 à 17 ans ont participé au programme depuis sa création. Ce qui se joue dans ces ateliers dépasse les pages des livres empruntés. Pour plusieurs jeunes, c'est d'abord une rencontre : quelqu'un qui prend le temps de demander ce qu'ils aiment, qui revient le mois suivant, qui se souvient. La lecture devient un prétexte à l'échange plutôt qu'un exercice imposé, et l'apprentissage se fait par le jeu et la conversation plutôt que par la contrainte.


Le programme n'a jamais eu besoin de faire grand bruit. Il repose sur quelque chose de plus simple : une bibliothécaire qui revient chaque mois, des jeunes qui l'attendent, et des donateurs qui ont choisi de croire à l'importance d'une présence humaine régulière.


Une heure de musique dans la chapelle de Bordeaux

Depuis 2021, l’Orchestre de l’Agora présente des concerts-ateliers à l’Établissement de détention de Montréal, à la prison de Bordeaux. Une fois par mois, deux à quatre musicien·nes s’installent dans la chapelle pour une heure qui mêle interprétation, mise en contexte et échanges avec les personnes incarcérées.


Le projet est né d’une rencontre entre le chef Nicolas Ellis et l’aumônier Stéphane Roy. En cinq ans, plus de 1 400 personnes y ont participé.


Plusieurs participants sont revenus assister à un concert de l'OA après leur sortie. Le sujet a voyagé loin : CBC, Radio-Canada, Le Devoir, Journal Métro, The Suburban en ont tous parlé, chacun avec son angle, santé mentale, réhabilitation, ou simplement la surprise d'entendre du Mozart à Bordeaux.


Quand la musique entre à l’hôpital

L’Orchestre de l’Agora poursuit également ce travail de médiation avec Espace Transition, un projet d’innovation sociale implanté au département de psychiatrie du CHU Sainte-Justine. Les ateliers de création musicale s’adressent à des adolescent·es confronté·es à un trouble mental ou physique ayant un impact sur leur fonctionnement global. À travers la musique et l’exploration des émotions, le projet cherche à leur offrir un espace de création, d’expression et de rencontre.


Au printemps 2026, La Presse, CBC et Radio-Canada ont consacré des reportages à cette initiative, contribuant à faire entendre une idée essentielle : l’art peut aussi trouver sa place dans des contextes de soin.


Ce que ça change

Ces quatre projets partagent le même mouvement : aller vers l’autre. Développer les publics, ce n’est pas seulement chercher à remplir une salle un soir de plus. C’est créer les conditions d’une rencontre, prendre le temps de comprendre qui l’on souhaite rejoindre, de construire des partenariats et d’inventer des façons différentes d’entrer en relation avec une œuvre.


Chez Maison Verso, nous accompagnons nos client·es dans cette réflexion : identifier les publics, imaginer des projets, créer des partenariats et concevoir des expériences qui donnent envie d’aller à la rencontre des œuvres.

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