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Labo IA : prendre son élan sur un sol qui bouge

il y a 6 jours
2 min de lecture

On le voit depuis un an : l'élan est là. De plus en plus de directions de diffuseurs nous contactent avec la même intention : intégrer l'intelligence artificielle dans leurs pratiques, avec leur équipe, maintenant. Pas dans trois ans. Pas après une autre étude. Maintenant. C'est un vrai mouvement. Et on le dit sans détour : il est nécessaire.



Sauf que le terrain sur lequel on prend cet élan n'est pas stable. Les outils changent en cours de route. Les modèles évoluent entre le moment où on planifie une formation et le moment où on la donne. OpenAI, Anthropic, Google : ces entreprises réécrivent les règles pendant qu'on apprend à jouer. On bâtit la piste en même temps qu'on atterrit. Ce n'est pas une raison pour rester au sol. Mais ça change la façon de sauter.


Chez Maison Verso, on l'a appris par la pratique. Depuis le printemps dernier, on a fait évoluer nos formations du Labo IA. Au départ, on enseignait des outils. On montrait des fonctionnalités, des interfaces, des cas d'usage précis. Le problème : il nous est arrivé de préparer une formation le lundi et de découvrir le mercredi qu'un des outils présentés venait de changer d'interface. On exagère à peine.


On a ajusté le tir. On enseigne encore les outils, évidemment : il faut bien commencer quelque part. Mais on y greffe autre chose. Une posture. La curiosité d'essayer, d'évaluer ce qu'un outil fait bien, de le lâcher quand un meilleur arrive, sans repartir de zéro. Concrètement, ça veut dire qu'à la fin d'une formation, une équipe repart avec un réflexe simple : se demander à quoi sert vraiment cet outil, ce qu'il change dans une tâche précise, où vont les données qu'on lui donne, et combien de temps ça prend réellement à apprendre à s'en servir. Cet automne, nos formations sont construites sur les deux : la compétence technique et l'autonomie face à un écosystème qui va continuer de bouger.


Pour une équipe qui se lance, on suggère trois réflexes :

  • Commencer petit, avec un cas d'usage réel, pas un projet pilote abstrait. 

  • Mesurer ce que ça donne, concrètement. Pas un sondage de satisfaction vague : un suivi simple sur deux ou trois semaines. Combien de temps la tâche prenait avant, combien elle prend maintenant, et combien de retouches le résultat demande. Si le texte généré doit être repris à 80 %, l'outil n'est pas encore le bon pour cette tâche, ou la tâche n'est pas encore la bonne pour cet outil.

  • Ne pas tout miser sur un seul outil : ce qui compte, c'est la compétence de l'équipe, pas la licence logicielle. Un outil pour la rédaction, un autre pour la recherche, un troisième pour le visuel. Le jour où l'un d'eux change sa politique de prix ou ses conditions d'utilisation des données, l'équipe n'est pas prise en otage.


Est-ce qu'on sait exactement où tout ça va mener ? Non. Personne ne le sait. Mais attendre d'avoir toutes les réponses avant de bouger, c'est la seule stratégie dont on est certain·es qu'elle ne fonctionne pas. Commencer petit, mesurer, ajuster : ce n'est pas glamour, mais c'est un début. Et un début, en ce moment, ça vaut mieux qu'une posture d'attente.




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